Chère France, nos paysans sont en danger

Les terres agricoles ont fait la fierté de la France. Aujourd’hui, le temps n’est plus tellement au beau fixe pour nos agriculteurs. Nos paysans sont en danger. On ne peut plus les laisser mourir de faim. C’est pourtant eux qui nous nourrissent. Ma révolte, elle commence par une simple lettre à notre cher pays, la France.

C

 

hère France,                                                                                                                                              

Nos paysans sont en danger. Je ne t’apprends rien.

Tu les vois bien crier les agriculteurs en colère, tu les vois bien pleurer les femmes des paysans et leurs enfants, tu les vois bien se remplir les poches tous les industriels de l’alimentation. Mais peut-être as-tu besoin de l’entendre, de le lire encore une fois pour (enfin) te décider à ne plus laisser faire ? Bon très bien, d’accord, mais alors promets-moi, promets-moi que ce sera la dernière fois … Parce que tes paysans, ils n’ont qu’une vie. Et ces temps-ci elle est dure (très dure) et ne dure plus autant qu’avant. Le temps nous manque …

Alors je vais juste te poser quelques questions. Rien de bien difficile, tu verras. En plus, ces questions elles commencent toutes de la même manière et il te suffit de répondre par oui ou par non. Un jeu d’enfant.

Tu trouves ça normal toi, que celui qui soigne ton sol et tes bêtes, chaque jour du matin au soir, celui-là même qui donne tout son temps et son énergie pour faire manger les familles aux alentours … soit en train de mourir de faim ?

Tu trouves ça normal toi, de passer plus de 10 heures / jour, 7 jours/7, sans congés (les rtt ? les rt quoi ?), pour vendre à perte et donc «se casser le cul» toute la journée pour le plaisir de perdre de l’argent ?

Tu trouves ça normal toi, qu’en France, ce beau pays agricole, un agriculteur se suicide tous les deux jours ? Tous les deux jours … parce que même en travaillant d’arrache-pied, il arrive à peine à payer ses factures.

Tu trouves ça normal toi, que les enfants d’agriculteurs aient envie de reprendre l’exploitation de  leurs parents par passion et pour faire perdurer la tradition familiale, et qu’on leur dise «tout, mais pas ça !»

Tu trouves ça normal toi, de privilégier la construction de centres commerciaux et ds bâtiments industriels plutôt que de préserver nos terres ? (Sais-tu que chaque semaine en France 200 fermes disparaissent ?)

Tu trouves ça normal toi, de faire disparaître les petites fermes familiales au profit des grandes exploitations pour le seul motif de pseudo productivité et pseudo rentabilité ?

Tu trouves ça normal toi, de fonctionner encore sous l’ancien modèle agricole qui n’est pas rentable et qui amène invétiablement les paysans à crouler sous les dettes ?

Tu trouves ça normal toi, que les agriculteurs ne soient plus des paysans … mais des chefs d’exploitation ? Qu’ils doivent exceller dans la réalisation de leur plan de trésorerie plutôt que dans le travail du sol ?

Tu trouves ça normal toi, que personne ne réagisse ? Que tout le monde accepte ces choses-là ? Qu’on ferme tous les yeux ?

Nos paysans se meurent. Bientôt, c’est nous qui mourrons aussi … de faim.

Non, ce constat n’est pas alarmiste. Non, ce n’est pas foutu non plus. Il faut juste s’y prendre à temps. Chère France, si tu pouvais payer un prix juste pour le travail que nos paysans font au quotidien, si tu pouvais privilégier les circuits courts, les marchés, les amap, si tu pouvais boycotter les supermarchés et leurs marges faramineuses … peut-être alors pourrions-nous envisager de sauver l’avenir de l’alimentation de nos enfants.

– Quelqu’un qui te veut du bien (t’as répondu non aux questions, hein oui ?)

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

C’est après avoir visionné une série de films documentaires sur la question de l’avenir des paysans, que j’ai commencé à prendre conscience de la problématique et à réfléchir sur le sujet. Nos paysans sont en danger, cela ne fait aucun doute. Les témoignages sont édifiants. Et ils ne sont pas isolés. C’est une très grande majorité d’exploitations familiales qui souffrent financièrement et socialement.

Des familles d’agriculteurs

en détresse

Le documentaire « Les champs de la colère », c’est l’histoire d’un collectif de femmes dans le milieu paysan : les Foulards Noirs. En signe de deuil, ces femmes agricultrices ou femmes d’agriculteurs ont monté un mouvement de révolte face au monde agricole en détresse. A leur échelle, dans leur région, en Normandie et plus précisément dans le Calvados. Leur mission ? Montrer que les exploitations agricoles sont en danger, mais pas seulement … leurs maris et leur famille aussi. Ce documentaire a été diffusé début février sur France 5. Le replay n’est plus disponible sur le site web, mais le débat post-projection est en ligne sur Youtube.

Reporterre, le quotidien de l’écologie, a consacré un article sur la détresse des paysans « SOS Paysans, ils n’en peuvent plus ». L’indispensable émission Cash Investigation nous alerte sur le marché des produits laitiers et ses conséquences financières et sociales sur les petits producteurs.Tous les médias s’y mettent. Même le journal de France 2 en parlait déjà en 2013 avec ces deux reportages poignants :« Ferme à vendre » et » SOS Paysans ». C’est aussi au cinéma que le monde paysan et ses difficultés se dévoilent avec le film « Normandie Nue ». C’est évidemment très romancé et peut-être un peu caricatural dans l’ensemble mais certaines vérités rejaillissent, entre tension foncière, révolte désorganisée, problèmes familiaux … un film qui a le mérite de glisser un petit message au plus grand nombre.

 Des solutions alternatives

pour l’agriculture

Côté solutions face à ce monde paysan en danger, d’autres possibles se révèlent. « Le champs des possibles » est un film documentaire qui s’intéresse quant à lui aux néo-paysans et à ces nouvelles méthodes agricoles qui sont en train d’émerger dans le monde paysan traditionnel. Par l’arrivée de ces néo-paysans sur les terres agricoles mais aussi par la remise en question des techniques conventionnelles par les agriculteurs « classiques ». La seconde partie du documentaire est consacrée aux difficultés financières de ces derniers et à ces nouvelles méthodes alternatives qui leur permettent pour certains de sortir la tête de l’eau.

Vous pouvez aussi revoir le débat en ligne diffusé par France 5. Les invités ne sont autres que Guillaume Mouton (mieux connu sous le pseudo de « Mouts » des reportages « Nus et Culottés »), Maxime de Rostoland président de l’association Fermes d’avenir qui oeuvre pour la diffusion de l’agroécologie et des micro-fermes et Michel Vampouille de l’association Terre de liens qui se bat contre l’urbanisation massive de nos terres agricoles.

En bonus, voici des chiffres tirés des reportages et des études sur le monde paysan en France. Quelque peu déroutant, non ?

Infographie paysans en danger chiffres agriculture en France

Sources : Le MondeTerre de liensTerre.netAgresteLe PointAskMedia

1 COMMENTAIRE

  1. Hello ! Bravo et merci pour ton travail sur ce sujet. Un combat qui est compréhensible et nécessaire.
    Juste un point sur 2 de tes arguments qui pour moi, sans remettre en question le fond, me semblent à mettre en perspective :

    – 200 fermes qui disparaissent chaque semaine : c’est vrai, mais la surface d’exploitation agricole en France reste stable. Cela signifie surtout que la taille des exploitations augmente énormément. En tout cas, faire un lien entre la construction de centres commerciaux et la fermeture des exploitations agricoles me semble à relativiser.

    – 1 agriculteur qui se suicide tous les 2 jours : on ne peut jamais se satisfaire d’un chiffre sur le suicide. De qui que ce soit. Mais la réalité est que le suicide représente 25 décès par jour en France. Soit 50 en 2 jours. Les agriculteurs ne représentent donc qu’un 50ème des suicides en France. C’est forcément toujours trop mais cette mise en perspective et ce seul constat ne permet pas de « plaindre » l’agriculteur (en tout cas pas plus que le reste de la population qui fait l’objet d’un suicide).

    Merci et continue !

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here