Interview de Guillaume Bodin – Zéro phyto 100% bio

Zero Phyto 100% bio Guillaume Bodin documentaire bio alternatif

« Zéro Phyto 100% bio » : le documentaire bio pour des villes sans pesticides et une restauration collective bio

Zéro Phyto 100% bio c’est le nouveau documentaire réalisé par Guillaume Bodin.

Après Insecticide mon amour et La clef des terroirs, le réalisateur s’attaque à la loi contre les pesticides et l’alimentation bio. Il part à la rencontre des communes qui recherchent et testent des alternatives aux pesticides et s’engagent à proposer au maximum des produits bio dans leurs cantines.

Pour le moment, ce film réalise un petit tour de France pour se faire connaître avant sa sortie nationale le 8 novembre 2017. C’est d’ailleurs suite à la projection d’une avant-première à l’Entrepôt à Paris que j’ai pris contact avec Guillaume Bodin. Il me fait l’honneur de répondre à quelques-unes de mes questions.

Film réalisé en partenariat avec :

Logo association generations futures

logo association bio consom'acteurs

logo association Agir pour l environnement

1. Guillaume Bodin, peux-tu nous dire qui tu es ?

Je suis originaire de Haute-Savoie, j’ai grandi au pied du Mont-Blanc dans une famille d’artisans d’art et je me suis fais à l’idée de devenir vigneron. J’ai donc fait l’école de viticulture-oenologie dès 14 ans à Mâcon et j’ai ensuite travaillé pendant presque 8 ans dans les vignes en Bourgogne et un peu à l’étranger. J’ai décidé un jour de tourner mon premier documentaire afin d’expliquer l’agriculture biologique et biodynamique que je pratiquais sur les domaines ou j’ai travaillé et c’est comme ça que ma vocation dans le monde du documentaire a démarré.

2. Pourquoi t’es-tu lancé dans ce 3ème film ?

« Contrairement à mon deuxième film qui était un vrai besoin de parler de l’impact des pesticides sur la santé, Zéro Phyto 100% Bio était une demande des associations qui m’avaient soutenu pour la promotion de ce dernier. Elles avaient travaillé depuis un moment sur l’interdiction des pesticides en ville et sur la mise en place du bio dans les cantines. J’ai souhaité les aider dans la démocratisation de cette démarche. »

Ce documentaire a été financé via une campagne de crowdfunding sur la plateforme de financement participatif de la NEF. 1546 contributeurs et 75 853 euros ont permis de voir naître ce projet sur les toiles françaises.

3. Qu’est-ce qui te touche particulièrement dans le sujet du zéro phyto et/ou du 100% bio ?

L’avenir des Générations Futures… Comment sommes nous assez stupides pour avoir balancé pendant plus de deux générations des produits chimiques de synthèse dans les parcs et jardins d’enfants ? Je reste encore perplexe. Le bio dans les cantines est la meilleure chose que nous puissions souhaiter au plus grand nombre car les résidus de pesticides dans l’alimentation peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé mais aussi sur les générations à venir car ces molécules ont la faculté de traverser les générations, elles sont transgénérationnelles !

4. Pourquoi avoir associé ces deux thématiques ?

« Les associations avaient déjà mis en commun ces deux thématiques avant que l’on travaille sur le film mais il est intéressant de voir que certains élus sont très fiers de montrer qu’ils sont en Zéro Phyto malgré le fait qu’ils pêchent un peu sur le bio en restauration collective ! C’est peut être un moyen de tirer ces deux thématiques vers le haut ! »

A Nantes, l’accent est mis sur le zéro phyto dans les jardins et cimetières de la ville. Nantes Métropole prône alors le retour de la nature en ville (PDF Vers le zero phyto).

5. Si tu avais UN message à faire passer via ce film, quel serait-il ?

« Personnellement je rêve d’un monde ou nous ne serions pas victimes des pollutions des autres et notamment des pesticides que nous ne voulons pas respirer. Or aujourd’hui en vivant au milieu des campagnes françaises, il reste difficile d’être protégé de ces différentes agressions durant la période estivale. Nous pouvons être heureux d’être le seul pays européen ayant banni les pesticides en ville, nous pourrions espérer que les campagnes françaises puissent en faire de même à condition que l’ensemble des citoyens et des collectivités introduise un maximum de produits biologiques dans la nourriture consommée quotidiennement. »

6. Quelle a été ta plus belle rencontre du tournage ?

Difficile de dire qu’il y ait eu une rencontre plus forte que les autres… Tous les intervenants du film sont vraiment des personnes formidables sur de nombreux points ! J’ai beaucoup aimé rencontrer Edouard Chaulet que beaucoup d’entre nous ont découvert dans le documentaire de Jean-Paul Jaud « Nos enfants nous accuseront » car c’est un personnage haut en couleur avec une vision de l’humanité extrêmement touchante !

7. Quelle est l’initiative du film qui t’a le plus touché ?

Sans trop hésiter l’exemple de Mouans Sartoux est tout de même remarquable, la commune a racheté des terres qui devaient devenir des lotissements pour créer une ferme en maraichage gérée par des employés communaux embauchés pour l’occasion afin de fournir en légumes bio les 3 restaurants scolaires de la ville… À l’heure d’une expansion massive des zones constructibles, faire cette démarche dans cette zone très urbaine entre Cannes et Grasse mérite d’être mentionnée.

8. Selon toi, quel est le plus grand danger auquel on va forcément se confronter si on continue à fermer les yeux sur ces deux sujets ?

Le problème des pesticides est l’enjeu de ces prochaines années, non pas que ce soit le seul mais nous sommes en train de vivre un scandale au même titre que l’amiante sur cette question. Cela prend beaucoup de temps mais nous sommes aujourd’hui convaincus que les problèmes liés aux pesticides chimiques de synthèse coûtent beaucoup plus cher à la société qu’ils ne rapportent. Certaines firmes multinationales en sont les premiers bénéficiaires en produisant les poisons et les médicaments pour se soigner et évidemment ils ne souhaitent pas que les choses changent mais nous sommes nombreux a souhaiter un arrêt immédiat de ces pratiques, je pense qu’ensemble nous avons la force de faire bouger les choses !

9. Après ce troisième documentaire, un quatrième ?

J’ai mis de côté un film sur les femmes vigneronnes en biodynamie le temps de réaliser « Zéro Phyto 100% Bio » mais j’ai déjà plus de la moitié des images de ce documentaire qui ont été tournées ces 3 dernières années, cela devrait être le prochain documentaire qui sortira.

REMERCIEMENTS

Merci Guillaume pour le temps que tu as consacré à répondre à toutes ces questions. Surtout pendant ta tournée printanière des villes et villages français qui projettent les avant-premières de ton documentaire ! J’espère que ce film aura le succès qu’il mérite. Il est positif et axé sur les solutions qui sont déjà mises en place dans ces communes pionnières. C’est un vrai message d’espoir !

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