I am : des studios d’Hollywood à une vie simple

Qui pourrait croire qu’une simple chute de vélo aurait pour conséquence une remise en question totale de son propre mode de vie ? Quelques fois dans la vie, on a besoin d’un choc. Il paraît que c’est ce qui fait avancer…
Tom Shadyac – cinéaste plus célèbre pour ses comédies hollywoodiennes que pour ses documentaires – nous embarque avec lui à la découverte d’une une période de sa vie. Une période de transition. Il nous explique comment il va passer d’un extrême à l’autre. D’une vie faite de luxure à un retour vers l’essentiel.

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Le synopsis

Tom Shadyac se balade, caméra au poing, pour nous expliquer son changement de vie. Sa vie avant et après son accident. Tom qui ? Mais si … le réalisateur de Ace Ventura, du Professeur Foldingue ou encore Bruce tout puissant ! Le ton de ce documentaire est définitivement très différent des blockbusters de la comédie qu’il a eu l’habitude de réaliser auparavant ! I AM, c’est un documentaire engagé qui tente de répondre à deux questions pratiques et volontairement provocatrices :

qu’est-ce qui cloche dans le monde ?

que peut-on faire pour y remédier ?

C’est suite à une chute de vélo que la vie de Tom bascule. Il subit un traumatisme crânien. Il souffre alors de syndrômes post-comotionnels qui peuvent durer des années : sautes d’humeur, sensibilité au bruit, dépression. Il essaie tout ce qu’il peut : de la médecine traditionnelle aux médecines alternatives, rien ne fonctionne. Il part alors s’isoler, se couper du monde extérieur. Et là, ses symptômes disparaissent. Tom prend alors la décision de partir à la conquête de ceux qui veulent changer le monde, comme l’ont fait auparavant les grands Martin Luther King et Ghandi, pour ne citer qu’eux.

La bande annonce

L’archevêque sud-africain Desmond Tutu, l’écologiste canadien David Suzuky, le professeur Noam Chomsky et l’activiste politique Howard Zinn se prêtent au jeu de l’interview pour nous permettre de prendre conscience de la société dans laquelle nous vivons et nous donner des pistes pour aller dans le bon sens et créer un monde meilleur. A la rencontre de scientifiques, de philosophes, de professeurs, d’auteurs, de poètes… Un partage d’idées et de points de vue. Voici la bande annonce en VF.

Mon avis personnel

I AM n’est pas un film de solutions. Mais plutôt la démonstration d’une expérience personnelle. Celle d’un changement de vie. Et, à mon avis, c’est vraiment ce qui donne de la force à ce documentaire. En dehors des enseignements tirés des interviews, c’est la démarche de Tom Shadyac qui est soulignée. Il passe d’une consommation à outrance (jet privé, objets de luxe …) à une vie beaucoup plus minimaliste. Le virage à 360° qu’a effectué Tom Shadyac peut vraiment être porteur de sens pour ceux qui se posent des questions sur leur mode de vie. Cette phrase de Tom Shadyac résume bien l’esprit du film « I AM n’est pas sur ce que vous pouvez faire, mais plutôt sur ce que vous pouvez être. Et de cette transformation de votre être, l’action découlera naturellement ».

Certains pourront pointer du doigt l’aisance financière de ce réalisateur de cinéma qui a sûrement facilité son changement de vie. C’est plus simple quand on sait qu’on a de l’argent de côté en cas de besoin ? Certainement. Mais ça n’enlève en rien sa prise de conscience et son courage. Pour moi, ça reste compliqué de renoncer à un confort matériel qui nous a entouré pendant des années. Je pense que la véritable difficulté est dans le changement.

Qu’est-ce qu’on apprend dans ce film ?

Les interviews sont guidées par Tom Shadyac. Avec toujours ces deux mêmes questions : qu’est-ce qui cloche dans le monde et que peut-on faire pour y remédier ? Les enseignements de ces témoignages sont nombreux. Mon idée c’est de les regrouper par thématique pour que vous y voyiez plus clair. C’est parti !

STOP A LA TELEVISION. Évidemment ce n’est pas la première fois que vous entendez ce conseil avisé. Arrêter de subir les media c’est reprendre sa vie en main. D’ailleurs ce que j’ai trouvé drôle dans ce passage c’est que la majorité des personnes interviewées ne connaissent pas Ace Ventura, l’un des plus grands succès de Tom Shadyac ! Comme quoi … les gens les plus éclairés ne sont pas forcément ceux qui regardent la télévision ! Oserai-je aller jusqu’à dire au contraire ?
VOULOIR TOUJOURS PLUS. Poète, écologiste, scientifique et historien s’accordent d’une seule voix à ce sujet.  « How much is enough ? » – David Suzuki, scientifique – « Les gens sont poussés à accumuler » – Howard Zinn, historien – « Beaucoup de gens sont malheureux alors même qu’ils semblent tout avoir » – John Francis, écologiste – « Méfie toi de ce que tu veux » – Coleman Barks, poète. L’alerte est lancée sur la consommation excessive et sur l’escalade perpétuelle de nos « besoins ». Jusqu’où irons nous ?
LA SOLITUDE, FLÉAU DE LA SOCIÉTÉ MODERNE. C’est Coleman Barks qui soulève l’un des plus grands problèmes de notre société actuelle. « Le sens des tendances collectives est perdu. C’est l’intérêt personnel qui prime ». Ce qui est particulièrement vrai dans nos sociétés occidentales dites « développées ». C’est la loi du chacun pour soi. Dacher Keltner, professeur de psychologie à l’université de Berkeley, voit les êtres humains comme des « machines égocentrées ». Nous serions d’abord des individus et ensuite des être sociaux. Pas l’inverse.
L’ÉCONOMIE, UN MONSTRE. David Suzuki, scientifique, fait le constat édifiant que le marché et l’économie sont considérés comme des entités réelles, et même presque humaines ! Dans les media, il n’est pas rare de voir des titres d’articles comme « l’économie souffre » ! Aujourd’hui, le problème majeur est que l’humanité se sent beaucoup plus reliée à l’économie qu’à la nature.
LE LIEN AVEC LA NATURE. Les propos de David Suzuki nous rappellent que la nature n’a pas été créée par l’humanité, mais pour l’humanité ! A nous de savoir la préserver et nous relier à elle. Daniel Quinn – écrivain – appuie ces propos en nous disant que « l’humanité pense être séparée du reste de la communauté vivante ».
LA SCIENCE N’EST QU’UNE HISTOIRE. Au risque d’en faire bondir certains, Lynne McTaggart – journaliste, nous expose son point de vue sur la science. Pour elle, la science n’est pas source de vérité absolue. C’est uniquement une histoire racontée à un instant précis. La vérité n’est valable que jusqu’au moment où l’on découvre une autre version de cette même histoire ! Prenons l’exemple de la terre. Elle a longtemps été plate et au centre de l’univers. Pourtant des données scientifiques soutenaient cette version. Ce que la science nous apprend, c’est de ne pas tout prendre pour argent comptant. Il y a des erreurs. Alors qu’en est-il de Charles Darwin et de son processus de compétition pour la survie ? Il est peut être temps de le remettre en question, non ?
LA COMPÉTITIVITÉ, NOTRE MEILLEURE ARME ? C’est en tout cas l’une des bases de notre éducation. Depuis bien longtemps. Nos parents, nos professeurs, nos employeurs et même nos amis nous motivent de la même manière ! « Sois le meilleur ! » Apparemment, ce serait pour nous « rendre plus forts ». La sémantique utilisée dans un cadre sportif peut même fortement s’apparenter à celle du combat. Dans un stade, on entend souvent ces cris d’encouragement « Dégomme-les ! » ou « T’es un killer !». La compétitivité est alors décrite par Tom Hartmann – écrivain – comme le fait « d’avoir de la valeur aux dépends d’une autre personne ». Vous êtes d’accord avec moi pour dire que ce n’est absolument pas la seule solution pour créer de la valeur ?
VÉRITÉ ET MENSONGE, LA RELATION ENTRE LES CHOSES. Je vous parle d’abord d’une vérité : « La vérité, c’est qu’il faut un minimum : un toit, de quoi manger… » Les besoins primaires doivent être comblés : le logement, l’alimentation et les soins de santé. C’est une priorité. Une nécessité. Sans ça, le bonheur ne pourrait être atteint. Mais vient aussi se glisser un mensonge : « Si 1 te fait grimper de 1 dans l’échelle du bonheur. 10 ne te font pas grimper de 10 ! ». Le mensonge serait de croire que le niveau de bonheur est proportionnel au nombre de choses possédées. Ce que Thom Hartmann pointe du doigt c’est la recherche d’un équilibre. Accumuler « bêtement » ne rend pas plus heureux. On veut bien le croire !
LA NOTION DE SÉPARATION. Notre monde est fondé sur l’idée que nous sommes tous séparés.  L’homme et la nature. Les peuples et mêmes les individus d’un même peuple. Notre système éducatif suit cette pensée. C’est l’indépendance qui est récompensée dans notre société actuelle. Daniel Quinn – écrivain – est convaincu que « dans 200 ans les gens ne vivront pas de la même manière que nous et ne penseront pas la même chose ». Ca je l’espère vraiment ! L’urbanisme a peut être un rôle à jouer pour rassembler les individus. Les mentalités aussi.
DEVENIR DE RICHES ÊTRES HUMAINS. C’est Noam Chomsky, professeur en linguistique qui nous explique le rêve américain. Ou plutôt le marketing du rêve américain. Après le 11 septembre, les publicités du type « less is a bore, consume more »« moins c’est ennuyeux, consommez plus » ou encore « I shop therefore I am » – « j’achète donc je suis» ont investi les rues et les media des Etats-Unis. Et ça continue. Regardez Donald Trump, ancien businessman milliardaire et nouveau président des Etats-Unis ! Comme si l’unique modèle à suivre pour les Américains était le pouvoir par l’argent… Mais le véritable rêve américain, n’est-ce pas celui des multinationales – qui ont tout intérêt à faire de vous des consommateurs plutôt que des citoyens ?

Vous avez aimé le décryptage de ce film ? Qu’avez-vous appris qui vous a interpelé ? Sur quelle thématique souhaiteriez-vous plus d’informations ?

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